Mondialisation et souveraineté – partie 1/3


Contexte

« Aucune économie n’est assez forte pour arrêter la vague montante
de la mondialisation. Il n’existe pas non plus d’alternative viable.
Donc, ce que les gouvernements doivent faire, c’est embrasser la
mondialisation, et renforcer les institutions nationales pour faire face
aux contraintes imposées à leurs sociétés respectives »

Partie de discours prononcé par Goh Chok Tong, Premier ministre de Singapour (discours prononcé le 19 janvier 2000 devant la Confédération de l’industrie indienne).
Ce discours, lucide sur la situation actuelle à l’échelle mondiale, pose de manière implicite la question du maintien de la souveraineté d’un État dans ce contexte de mondialisation fortement développée. La mondialisation constitue en fait une fusée à plusieurs étages qui sera analysée sous les 3 angles spécifiques suivants :
– l’information ;
– l’économie et l’industrie ;
– les flux migratoires de population.
Une analyse de ces différentes composantes s’impose à l’échelle nationale pour en juger les apports bénéfiques locaux mais aussi en évaluer les impacts générés notamment en termes de souveraineté nationale.

Introduction

Selon une définition communément partagée, la mondialisation se matérialise par libre circulation des marchandises, des capitaux, des services, des personnes, des techniques et de l’information. Quant à la souveraineté d’un État, on peut la définir comme sa capacité à définir et mettre en œuvre ses normes et règles de
fonctionnement sur son territoire.

On voit naître à la lecture de ces 2 définitions de possibles incompatibilités de fond. Nous pouvons déjà partager le fait que la souveraineté nationale se trouve limitée et encadrée par les institutions, conventions et traités internationaux (nous prenons le parti dans ce document de ne pas les remettre fondamentalement en cause).
D’autre part, des pays ont plus ou moins renoncé volontairement à quelques pans de leur souveraineté pour participer à une entité supranationale plus étendue. C’est le cas de la France par rapport à l’Europe.

Enfin, une autre limite à la souveraineté est d’origine technologique en liaison avec l’essor mondial du digital et de l’information portée par d’innombrables supports numériques sans frontières. Comment donc « renforcer les institutions nationales pour faire face aux contraintes imposées à la société » par la mondialisation, pour reprendre les termes du Premier ministre de Singapour ?

L’information

Le domaine de l’information est un secteur majeur d’exercice de la souveraineté car détenir l’information est essentiel pour savoir, décider, agir et communiquer.
Les innombrables plateformes numériques donnent la possibilité aux citoyens de s’informer et de s’exprimer librement et directement en court-circuitant les organisations intermédiaires traditionnelles (médias classiques, syndicats, partis politiques, associations…). Dès lors, une nécessaire maîtrise de ces sources d’informations s’impose pour éviter toute forme de manipulation, d’endoctrinement ou de cyberattaques qui seraient nuisibles à notre souveraineté.
La loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique, chargée d’accompagner la transition du même nom, proposait à ce titre la création d’un commissariat à la souveraineté numérique qui ne verra finalement pas le jour, ce qui nous semble regrettable.
Mais tout ne doit pas venir d’en haut et chaque citoyen doit apporter sa contribution au traitement correct de l’information.


À ce titre, nous préconisons les actions suivantes :

(cf. Étude CERNA : « La souveraineté à l’ère du numérique » ; 27 mai 2018) 
– sensibiliser les élèves aux risques :
– de cybersécurité,
– d’atteinte à la vie privée,
– de manipulation ou d’endoctrinement ;
Cette sensibilisation pourrait s’intégrer dans un cours d’instruction civique en primaire, collège et lycée ;
– confirmer et enrichir cet enseignement dans le cadre d’un Service Civique National qui expliquerait, entre autres, les enjeux sociétaux des souverainetés à l’heure du numérique ;
– enfin, solliciter la participation active des médias dans le souci d’améliorer encore la résilience de la population face aux « fake news ».

Mondialisation et souveraineté – partie 2/3 : https://vox-nostra.fr/2020/10/19/mondialisation-et-souverainete-partie-2-3/

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