Retraite équitable pour tous les salariés !


Notre laboratoire d’ idées a publié le 14 décembre 2020 un article sur le travail essentiel et le travail  « dit sans importance  ou Bullshit jobs’» selon la théorie de l’ anthropologue américain David Graeber (1).  

Il avait établi une liste de professions qu’il classait en cinq catégories : 

-les « larbins » ou « faire-valoir », servant à mettre en valeur les supérieurs    hiérarchiques  ou les clients ; 

-les « porte-flingue » ou « sbires », recrutés car les concurrents qui emploient déjà quelqu’un à ce poste, et dont le travail a une dimension agressive ; 

-les « rafistoleurs » ou « sparadraps », employés pour résoudre des problèmes qui auraient pu être évités ; 

-les « cocheurs de cases », recrutés pour permettre à une organisation de prétendre qu’elle traite un problème qu’elle n’a aucune intention de résoudre ; 

-les « petits chefs » ou « contremaîtres », surveillant des personnes travaillant déjà de façon autonome. 

Il soutenait que ces travaux dérisoires font partie d’un système qui alimente le capital financier. Il ajoutait que les dirigeants se méfient du temps libre accordé à la population car un peuple heureux et productif devient dangereux.

L’anthropologue souligne l’existence d’un corollaire paradoxal : il dit que plus un travail est utile à la société et moins il est rémunéré. Il ajoute que la plupart de ces emplois sont  souvent déconsidérés, même s’il reconnaît des exceptions, comme les médecins. Nous reviendrons sur cet exemple.

Durant la période de confinement, d’isolement pour certains, nous avons été  rassurés de savoir que les épiciers, boulangers, bouchers, électriciens, plombiers etc. étaient disponibles et accessibles pour notre confort au quotidien.

Certes, et heureusement pour eux, ils n’exercent pas des travaux qui peuvent être qualifiés de « bullshit jobs ». Mais ils sont très très loin des salaires mirobolants des joueurs de football, comédiens, chanteurs et bien d’autres professions qui ne sont pas essentielles à notre vie de tous les jours. 

Ces métiers sont généreusement rétribués, le système est établi ainsi, il semblerait que le commun des mortels ne s’ interroge pas vraiment sur ces salaires extravagants qui devraient pourtant l’interpeller.

Nous précisions dans notre précédent article que nos propos n’ étaient pas rédigés pour stigmatiser les personnes qui bénéficient de rémunérations trois ou quatre cent fois supérieures au salaire médian. 

Nous proposions de prélever une part plus importante sur ces revenus astronomiques afin de les transférer vers  les comptes des entreprises en difficulté.

Le gouvernement actuel travaille sur une réforme des retraites qui avait été envisagée par leurs prédécesseurs, sans toutefois qu’ elle soit concrétisée, sauf par M. Sarkozy qui avait rajouté deux ans à l’ âge de départ.  

Il s’ agit là d’ un exercice  périlleux qui doit trouver une signification cohérente entre bon sens et politique politicienne. 

Il semblerait que cette réforme déplaise fortement aux représentants syndicaux (2) qui envisagent plusieurs mouvements de grèves.

Lorsque ces mouvements prennent formes cela se déroule en général dans la rue paralysant ainsi le bon déroulement de la vie professionnelle des uns et des autres. 

La question qui doit être posée est de savoir si ces manifestations sont plus utiles que néfastes pour les travailleurs. En effet, les jours de grève ne sont pas payés, les cortèges sont rejoints par des bandes de casseurs, les commerces ferment durant le passage des manifestants, les gouvernants ne sont pas perturbés, encore moins inquiétés. Bien souvent aucun résultat satisfaisant ne découle  de ces agissements.

Peut-être qu’ il serait judicieux de changer les moyens de contestations ne serait-ce déjà qu’ en écoutant les programmes des candidats mais surtout en rassemblant les manifestants qui déambulent dans les rues devant le palais de l’ Élysée par exemple pour provoquer un barrage nécessitant une  concertation immédiate avec le principal décisionnaire. 

Parmi les salariés de notre pays, il existe des hommes et des femmes qui ont présenté des concours, qui se sont déplacés dans plusieurs endroits éloignés de leur région. 

Et puis il y a les personnes qui pour diverses raisons n’ ont pas pu évoluer, après le nombre d’ années requis, ils ont droit à une retraite objet de la contestation actuelle, qui ne suffit plus pour vivre décemment. Cela est un fait qui ne peut être contesté.

Il est prévu que les pensions retraites les plus basses soient relevées à 1200 euros brut. Actuellement il semblerait que ce soit à quelques euros près  ce que prévoit le plafond de la sécurité sociale pour un salarié qualifié en fin de carrière, dans le secteur privé.

Après avoir recueilli les avis de nombreuses personnes qui ont bien voulu répondre à cette situation, les réflexions sont logiquement et objectivement les mêmes. 

Si les retraites les plus basses sont ainsi relevées, il va de soit que les  pensions qui sont au-dessus doivent l’être également afin de ne pas léser les salariés qui ont eu la chance, le mérite de recevoir une qualification leur permettant d’ avoir une rémunération plus importante que le SMIC. Il existe aussi des personnes qui ont effectué des études pour mieux gagner leur vie.

(1) anthropologue américain né le 12/02/1961, décédé le 02/09/2020

(2) selon une enquête de la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques )  publiée en décembre 2021. 10, 3 % de salariés sont syndiqués en France

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