AUTORITÉ, RESPECT ET DÉCADENCE


Emmanuel Macron, notre président de la République, s’est fait gifler (en fait une amorce de gifle), à l’occasion d’un exercice qui lui est cher, se porter au contact des Français lors d’un déplacement dans la Drome.
Cet événement, largement relayé par les médias, a fait le tour du monde et a contribué à jeter encore plus de discrédit sur notre pays et nos institutions.
On assiste à une moisson de commentaires et de cris d’orfraie de la part de tous nos acteurs politiques et médiatiques, unis sur le sujet, pour dénoncer cet acte inexcusable qui selon eux porte atteinte à notre République.
C’est effectivement une « affaire » dommageable pour l’image de notre pays.
Mais en fait de quelle « affaire » parle-t-on ? De cet homme, auteur de ce geste débile ?
De l’incapacité des services de Sécurité du Président à anticiper et endiguer ce type de comportement, voire d’agression ?
Ou alors d’une réalité plus profonde qui gangrène notre Société en conséquence d’un processus, s’amplifiant au fil de l’eau de ces 30 dernières années, et qui a conduit à une destruction progressive d’un certain nombre de valeurs de notre République ?
Nous vous proposons d’aller au-delà de la « vitrine » de cet événement pour engager une analyse de causes plus fondamentales qui nécessiteront d’être traitées avec force et courage car au cœur d’une crise sociale latente et profonde.

L’homme qui a « agressé » notre Président de la République lors d’une visite dans la Drome, dort en prison depuis le 10 juin. Il a été condamné à 18 mois de prison, dont 4 fermes (seulement ?), en comparution immédiate 2 jours après les faits.
Il se voit en outre privé de droits civiques pendant 3 ans, interdit d’exercer toute fonction publique à vie (la belle affaire !), et de détenir des armes pendant 5 ans (et après, il pourra ?). OUF !
L’honneur est sauf et notre République peut dormir tranquille.
Nous pouvons passer au sujet suivant…
Il est éclairant et inquiétant de voir avec quelle facilité on est capable d’enchaîner tous ces épisodes de dérive décadente du fonctionnement de notre République, traités sous le sceau de la culture de l’Immédiateté portée et amplifiée par les médias et les réseaux sociaux, sans se soucier d’engager une réflexion de fond sur ces alarmes récurrentes qui éclairent le Tableau de Bord de notre République !
Permettez-nous de prendre quelques pas de recul et de nous interroger sur de possibles causes fondamentales, dépassant les premières causes immédiates avancées sur le sujet, pour évaluer plus en profondeur le mal qui nous ronge et dont cet événement ne serait qu’une manifestation visible de l’iceberg.
Cet acte inexcusable représente pour nous le symbole d’une remise en cause globale d’un principe fondateur de notre République, en l’occurrence celui de l’Autorité.
Qui aurait en effet imaginé voir le Général De Gaulle se faire gifler par l’un de ses concitoyens à l’occasion de ses contacts avec la population ?
Il faut dire que le prestige du personnage en imposait naturellement.
Dès lors, pour quelles raisons notre Président Emmanuel Macron n’incarnerait-il pas cette autorité dans le contexte actuel du fonctionnement de notre République ?
Convenons dès à présent que cette interrogation pourrait aussi s’appliquer, en partie ou complètement, aux prédécesseurs d’Emmanuel Macron dans un contexte national qui s’est progressivement dégradé.
Mais revenons à cette notion d’Autorité et remontons aux origines romaines de de « l’auctoritas ».

Cette valeur reposait sur un Respect quasi absolu des Anciens et des Fondateurs de leur République, de leur crédibilité et légitimité à représenter la collectivité en apportant de la valeur ajoutée ou augmentée (auctoritas vient du verbe latin augere : augmenter).
On assiste peu à peu à une dilution de ces valeurs fondatrices pour faire place à des épisodes de vie chaotique, fruit d’une crise de l’Autorité sans précédent : banalisation de la violence, des destructions, des actes irrespectueux envers autrui, des exactions commises à l’encontre des représentants de l’ordre républicain, … sous le regard bienveillant d’une justice toujours plus laxiste.
Pour aider à l’évaluation objective de la situation présente, la notion d’Autorité, et de Respect qui lui est attaché, pourrait se décliner en 2 axes différents et complémentaires que nous vous proposons de développer :
⇒ l’Autorité Morale
⇒ l’Autorité Républicaine

  1. L’Autorité Morale
    Selon le Larousse, « l’autorité est ce par quoi le pouvoir s’impose, ce qui produit la soumission sans recours à la contrainte physique. On peut situer une part importante des problèmes posés par cette notion au carrefour de la psychologie, de la philosophie politique et de la sociologie. »

La compréhension de ce « mécanisme » dès le plus jeune âge de chacun, nécessaire à une réelle existence en collectivité, s’appuie sur 2 leviers essentiels dont la mise en œuvre revient aux acteurs naturels et institutionnels
⇒ L’Éducation parentale
⇒ L’Instruction scolaire
Les parents et les professeurs dans le parcours éducationnel de la jeunesse, sont normalement portés par une autorité naturelle pour inculquer aux plus jeunes les raisons et valeurs ajoutées de cette nécessité d’Autorité.
Force est cependant de constater que ces acteurs sont de plus en plus remis en cause dans cet exercice.
Une raison est très certainement liée au fait qu’ils ont abandonné l’idée de donner du sens à l’autorité à leurs niveaux.
Si les enfants et les élèves en comprenaient l’intérêt et la fécondité, alors ils pourraient construire leur propre jugement et se développer dans un environnement protecteur.
Nous pouvons mettre en avant les arguments principaux suivants que chaque parent ou professeur pourrait reprendre et développer à son compte :
o Au-delà de l’amour et de la protection que ses parents lui apportent, si l’enfant s’affranchit de l’autorité des adultes, il est alors soumis à une autorité bien plus tyrannique : celle du groupe extérieur
o Le savoir est la seule source légitime de l’Autorité d’un professeur ; on ne peut le remplacer par Internet et divers Réseaux Sociaux où les « savoirs » sont en accès libre, sans accompagnement, sans hiérarchie,
sans contexte, et leur diffusion susceptible d’être manipulée
Ces éléments d’Autorité naturelle doivent d’autre part s’accompagner de règles de Respect, notamment en milieu scolaire :
o Salutation du professeur à son entrée dans la salle de cours (chaque élève se lève)
o Vouvoiement à l’adresse du professeur
Enfin, le rôle de l’École doit être aujourd’hui recentré sur ses valeurs premières.
Comme le rapporte un article de Ouest France en 2018, « l’École a perdu de vue sa fonction d’Institution, celle qui consistait à « Instituer » des citoyens en les initiant à la vie en République, d’où le nom aujourd’hui abandonné d’« Instituteurs ». Elle s’est concentrée sur l’acquisition des savoirs et a creusé non seulement la tombe de sa propre autorité, mais celle de la conscience de l’Autorité de la loi et de l’État.

La disparition, entre autres, de l’apprentissage, du discernement et de l’inscription de toute chose dans le temps a fait le lit des fake news et des vérités alternatives ».
Ce sont autant de conditions préliminaires pour retrouver l’autorité et le respect des règles de notre République pour le bien commun.

  1. L’Autorité Républicaine
    Nous vivons une crise de l’autorité au sens large.
    Son ampleur nous paraît sans précédent puisqu’elle touche, comme nous l’avons vu, la famille et l’école, mais aussi la sphère politique et même le pouvoir judiciaire.
    Cette crise est en fait liée à celle du pouvoir politique qui nécessite obéissance là où l’autorité appelle reconnaissance.
    Cette crise, dont le terrain est naturellement « préparé » par la défaillance de l’éducation parentale et l’instruction scolaire (cf ci-dessus), adresse l’ensemble des pouvoirs publics qui sont critiqués, contournés, dépassés, en raison d’une perte de confiance des citoyens envers les dirigeants et plus généralement envers
    un régime politique qui ne répond plus à leurs aspirations.
    La légitimité de nos gouvernants et représentants politiques est assurée par le mode d’élection en cours et ne peut être remise en cause.
    Par contre, l’exercice de leur pouvoir, durant le temps de leur élection, ne contribue pas toujours à confirmer et renforcer cette légitimité.
    Nous citerons les éléments principaux suivants :
    ⇒ La désacralisation de la fonction présidentielle
    Là où on attend un président « au-dessus de la mêlée », notre président actuel multiplie les initiatives de contact rapproché avec les français en s’affichant avec des acteurs « basiques » et en assurant la communication associée. Cela donne l’image d’un président, certes accessible et proche du terrain, mais qui se positionne à l’égal de tout citoyen, dégradant ainsi la valeur d’Autorité qu’il est censé porter.
    ⇒ L’incapacité du gouvernement à faire respecter l’Ordre Républicain dans certains territoires perdus de la République

Ces territoires sont le siège de communautarismes qui mettent en péril notre union nationale (cf. articles Vox Nostra)
⇒ Le laxisme du pouvoir judiciaire
Les services républicains de Police et de Justice ne fonctionnent pas en complète harmonie et les efforts de Police pour arrêter les malfrats sont souvent réduits à néant par la Justice, soit par idéologie, soit par manque de places en prison.
L’Autorité est alors mise à mal à cause d’un pouvoir déficient.
⇒ L’incapacité des différents pouvoirs qui se sont succédés à répondre aux besoins de la population
On assiste à un désamour grandissant des pouvoirs politiques qui donnent naissance à une part toujours plus importante d’absence de vote ou de vote blanc aux élections.

En conclusion

Cet événement, qui a fait le tour du monde via les médias et a vu notre Président se faire gifler par un individu sans importance, révèle plus que le simple tollé qu’il a généré.
Il traduit la progressive décadence des valeurs Autorité et Respect dans notre Société.
Une profonde remise en cause de nos comportements individuels et collectifs, accompagné par des programmes politiques ambitieux, semble nécessaire en l’initiant de manière vigoureuse et courageuse par l’ensemble de nos gouvernants sous l’impulsion du plus haut sommet de l’État.

Cela passera par (cf. articles précédents Vox Nostra) :
⇒ Un renforcement de l’Autorité Morale :
o Un renforcement de l’Éducation à charge des parents en restaurant les valeurs d’Autorité et de Respect : les allocations familiales pourraient être subordonnées à la conduite des enfants dans l’espace commun et suspendues à l’occasion de toute incivilité (ou série d’incivilités) non respectueuse d’autrui au sens large (dont
prioritairement le respect des fonctionnaires de l’État)
o La reprise en main de l’Instruction à l’École en repositionnant le Professeur en représentant de l’Autorité (abandon du vouvoiement des élèves, élèves qui se lèvent à l’entrée du professeur en début de cours, …)
o La reprise en main de l’Instruction à l’École en réorientant/renforçant les programmes d’assimilation et
d’appropriation de l’histoire et des principes de la République

⇒ Une nouvelle orientation de l’Autorité Républicaine en :
o Repositionnant de manière volontariste le Président de la République en référence « sacrée » de la République et positionnée au-dessus de la mêlée
o Traitant la situation des Territoires perdus de la République et en mettant fin à tout communautarisme
o Renforçant et en mettant strictement en œuvre la panoplie des sanctions judiciaires
o Construisant plus de prisons
o Mettant en œuvre plus de référendums sur des sujets de Société en cours de quinquennat présidentiel

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