La propreté, tous concernés


L’économie galopante a engendré la surconsommation qui s’est répercutée sur la production de nos déchets, notre environnement et notre santé.

Le consommateur a souscrit aveuglément à cette évolution, sans modifier pour autant son comportement, qui a pris place dans l’inertie d’un mode de vie non adapté.  

Le problème de la propreté relève d’une incurie pyramidale, qui contraint aujourd’hui les grandes villes à relever le défi des incivilités en se tournant vers une politique stratégique et organisationnelle plus drastique.

Elle doit commencer par l’engagement du législateur sur la politique du le tri sélectif qui doit  «s’imposer» à l’échelon national pour entrer dans les mœurs, et ne plus relever « de la seule volonté des collectivités»

La société doit également renoncer à faire le jeu d’une industrie en recherche constante de profits, en combattant la compulsion et la gabegie.

Marseille, ville la plus sale de France

Prenons à titre d’exemple, la ville de Marseille qui s’est vue décerner en 2018 le balai d’or de « la ville la plus sale de France », malgré l’arsenal des moyens déployés par le territoire métropolitain et un budget sept fois supérieur à la moyenne nationale, épinglé par la chambre régionale des comptes en 2018, et dévoilé publiquement dans « l’œil du 20h » du 22 Janvier 2018.

La propreté n’est donc pas le reflet du budget qui lui est consacré, mais de la volonté de chacun à « s’engager », à « préserver » » et à « se protéger ».

Comment expliquer cet échec, quand on sait de surcroît que l’image est un élément primordial de l’attractivité du territoire.

Pour pallier cela, la Métropole Aix-Marseille-Provence s’est attelée à élaborer un « Contrat Local de Propreté » qui n’a pas pour autant retenu l’adhésion. Qu’est-ce qui l’explique ?

Les mesures proposées, articulées sur le principe de réciprocité, de volonté civique, n’intègrent pas la notion d’obligation pour responsabiliser celui qui ne partage pas la même volonté.

Il en est de même pour le plan de communication engagé, via les bailleurs sociaux et les réseaux associatifs, qui n’a pas percuté. Les collectivités devraient engager la responsabilité de ces acteurs de proximité qui disposent de la faculté d’atteindre et de contraindre le plus grand nombre.

Les bailleurs sociaux adjoindraient « une clause propreté » aux baux et contrats de leurs prestataires, visant à faire respecter « l’application du règlement de propreté du domaine public, » en disposant du pouvoir de réprimer tout manquement signalé par « une brigade propreté » ou un tiers.

L’espace public serait ainsi libéré en journée de l’anarchie des containers, qui se déplacent au gré de la météo, débordent la chaussée, souillent l’environnement de leurs dépôts ménagers, et des odeurs pestilentielles en période estivale.

Ces pénalités seraient répercutées directement sur les charges locatives et les contrats des prestataires.

Les associations pourront s’engager à proposer, dans le cadre « d’une charte propreté », « une activité responsable » intégrée à leur programme d’activités.

Les agents de police urbaine sur la voie publique sont en incapacité de réprimer « les petites incivilités » qui envahissent l’espace public (mégots de cigarette, masques usagés, déjections canines…) :  comment y remédier ?

« Un PC propreté » pourrait être créé, dans chaque Mairie de Secteur qui recenserait les incivilités signalées, via « une application mobile civique », par le particulier ou une brigade motorisée ou VTT, déployée à cette mission ad hoc.

Tout contrevenant multirécidiviste serait convoqué devant « un Tribunal Propreté » pour être condamné à des Travaux d’Intérêts Généraux, proportionnés au nombre d’infractions.

Le recours à la « motivation » présente également un intérêt certain, ce pourquoi la Métropole Aix-Marseille-Provence a lancé une opération « de consignes » pour les enfants et leurs aînés en offrant des places de manège, mais ciblée sur une minorité.

Le système éducatif a également vocation à susciter l’adhésion des jeunes. C’est pourquoi  tous les établissements scolaires des premier et second degrés pourraient être équipés de consignes adaptées aux critères d’âge (avantages en nature, en numéraire, bons de réduction…), en partenariat avec les collectivités et les commerces.Le législateur doit également impérativement reprogrammer les cours d’éducation civique dans l’ADN de nos générations futures qui sont les garants de notre écosystème.

Les centres commerciaux pourraient être engagés à proposer « la consigne » sur le principe attractif de fidéliser ou d’attirer la clientèle.

Les commerces de proximité pourraient emboîter le pas, avec les mairies de secteur qui joueraient le jeu de la collecte pour les collectivités, moyennant avantage sur leurs redevances communales.

Le législateur pourrait renforcer sa politique de l’emploi en proposant « des contrats aidés environnement» ou « des stages écocitoyens » adaptés au profil des souscripteurs (demandeurs d’emploi ou étudiants).

Le Conseil Départemental pourrait de son côté proposer une initiative écocitoyenne en faveur des bénéficiaires d’indemnités de solidarité, sur un secteur qui leur est familier ou qui leur tient à cœur (collecte de déchets dans les jardins ou les plages, sur la voie publique, distribution de sacs pour les propriétaires canins, ou médiation auprès de leur voisinage). 

Cette opération présenterait de multiples intérêts : développer le mieux vivre ensemble, motiver ceux qui sont souvent en marge de la société, et inciter l’activité physique a minima.

Les collectivités pourraient consentir en retour un avantage fiscal ou offrir des bons d’achat alimentaires aux plus nécessiteux.
Autre problématique, la disparité de la densité de population qui nécessite le déploiement de moyens humains pour assurer la collecte.

Des outils de gestion inadaptés : Le territoire Aix-Marseille-Provence a recouru à l’intervention d’un prestataire privé pour un coût dispendieux, lequel n’a pas respecté les termes du marché (obligation de résultat non remplie, maîtrise sur des conflits sociaux pénalisés).

Cette procédure de gestion monopolistique a montré son insuffisance et la nécessité de renforcer les conventions collectives, afin de garantir la continuité du service public en impactant les primes, en cas de grève prolongée.

Le législateur pourrait intervenir en créant « un label propreté » délivré sur critères de compétences, reconsidérés chaque année en fonction du satisfecit, avec impossibilité d’exercer en cas de défaillance grave. Ce label permettrait aux professionnels d’asseoir leur crédibilité et présenterait une garantie de fiabilité pour les collectivités.

On constate que dans des pays comme l’Allemagne, le Canada ou dans certaines villes du Japon qui appliquent une politique répressive et réglementée « drastique », le civisme est ancré dans les mentalités et la propreté particulièrement observée. 
La propreté relève de la responsabilité et de l’engagement de tous les acteurs d’une société qui ont un intérêt commun :  préserver notre écosystème.

Nos propositions

  1. Adjoindre « une clause propreté » aux baux accordés par les bailleurs sociaux et aux contrats de leurs prestataires, visant à faire respecter l’application du règlement de propreté du domaine public, en disposant du pouvoir de réprimer tout manquement signalé par une brigade propreté ou un tiers.
  2. Création d’un « PC propreté » dans chaque mairie de secteur afin de recenser les incivilités signalées, via « une application mobile civique », par le particulier ou une brigade motorisée ou VTT, déployée à cette mission ad hoc.
  3. Une gestion plus rigoureuse des marchés relatifs à l’enlèvement des ordures ménagères avec des sanctions adaptées en cas de non respect de l’obligation de résultat et la création d’un « label propreté ».
  4. Les associations devront s’engager à proposer, dans le cadre « d’une charte propreté », « une activité responsable » intégrée à leur programme d’activités, qui serait examinée sur sa pertinence et son effectivité, lors de toute demande de subvention. L’utilisation des deniers publics rétribués serait doublement optimisée.

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